Hitchcock

de Sacha Gervasi,
2013,
avec Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansson…

★★☆☆☆

  Hitchcock, le biopic de Sacha Gervasi, s’attarde sur le tournage de Psychose, l’un des films phares du cinéaste britannique. L’affiche nous interpelle avec un slogan accrocheur : « Quand Hollywood tourne à la psychose… ». Mais on se rend vite compte que cet avertissement est erroné. L’histoire se passe donc durant la réalisation cette oeuvre. Entre les problèmes conjugaux, la non-confiance d’Hollywood, la folie du cinéaste… Hitchcock aborde vaguement quelques sujets, pourtant intéressants si l’on prenait le temps de les développer, sans la moindre originalité, sur un rythme plat et avec un manque de talent évident.

 Sacha Gervasi nous livre un énième long-métrage hollywoodien, dépourvu d’audace artistique. Il se contente de filmer le studio Paramount des années 60, les chiens d’Alfred Hitchcock et une maison de bord de mer… C’est à peine exagéré. Quelques allusions grotesques, drôles pour certains, affligeantes pour d’autres, à la carrière du cinéaste sont réalisées par-ci par-là (la plus marquante étant l’apparition d’un oiseau sur l’épaule d’Alfred Hitchcock). Néanmoins, il y a tout de même quelques scènes mémorables, notamment celle où le maître du suspens attend impatiemment la réaction du public devant la scène meurtrière de la douche tout en se plongeant dans la peau de l’assassin. Mais le reste du temps… l’ennui guette : une intrigue sans retournement de situation, aucune folie de la part de Gervasi et aucun talent remarquable chez les acteurs… Le réalisateur tente de placer dans son œuvre quelques touches personnelles qu’il pourrait ajouter à la vie, déjà assez fournie, d’Alfred Hitchcock comme une supposée folie délirante où une tromperie de Alma (Helen Mirren), sa femme… Ces petites créations sont tout simplement inutiles, ridicules et affligeantes. Cependant, le film a le mérite de révéler au grand public quelques informations sur la vie privée et la carrière du cinéaste anglais comme le fait qu’Alma soit pour beaucoup dans la réussite de son mari. Mais Gervasi oublie quand même un aspect non négligeable de la vie du réalisateur, sa folie, presque sadique, envers ses actrices principales. Il survole ce point, à travers la relation Hopkins-Biel dans laquelle la comédienne se dit « légèrement troublée par le comportement du cinéaste ». A noter que certains disent que Hitchcock était diabolique avec ses actrices, allant même jusqu’à des tentatives de viol… Mais Gervasi semble avoir voulu négligé cet aspect, certainement moins commercial qu’une histoire d’amour torride entre Alma, la vieille épouse d’Alfred, et un producteur hollywoodien, de vingt ans plus jeune.

 Plaisant dans un premier temps, le jeu d’Anthony Hopkins devient vite – c’est le problème du biopic – surjoué et désagréable. Un peu comme le film. On se laisse d’abord emporter en se disant que le long-métrage peut nous réserver quelques bonnes surprises, l’idée de base étant tout de même assez originale mais… Un film hollywoodien reste un film hollywoodien. Rythme plat, pour que vous puissiez déguster tranquillement votre excellent popcorn, aucune matière à réflexion, afin de mieux savourer ce même popcorn, et un film soporifique, pour finalement s’endormir sans que vous n’ayez pu finir votre popcorn. Dommage de gâcher un bon scénario et de s’attaquer à l’image de ce grand monsieur que fut Alfred Hitchcock.

Hitchcock-affiche

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