Reservoir Dogs

de Quentin Tarantino,
1992,
avec Tim Roth, Harvey Keitel, Steve Buscemi…

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Tarantino : Acte 1, Scène 1

 Retour sur le premier long-métrage de Quentin Tarantino, Reservoir Dogs, réalisé en 1992. Précédent le désormais culte Pulp Fiction, ce film, nommé à Cannes l’année de sa sortie, révélait déja le génie de ce jeune cinéaste, alors méconnu. Ce film est un des fondements de l’œuvre de Tarantino, et ce en deux sens. D’abord, il fut le premier long-métrage d’une série qui devrait en compter, au total, une dizaine (il n’a actuellement réalisé que sept films de cette « saga »). De plus, il impose un style, expose des thèmes, aujourd’hui considérés comme caractéristiques chez Quentin Tarantino.

 Reservoir Dogs conte les mésaventures d’une bande de truands suite au braquage, raté, d’un diamantaire. L’un des malfrats est en sang, un autre est paniqué, un troisième semble à la fois serein et perdu, le suivant est un sadique… Ajoutons que cette joyeuse troupe, colorée (ils portent tous des noms de couleurs pour le bon déroulement de l’opération), de gangsters est dirigé par un patron oppressif voir tyrannique. Pendant près d’une heure et demie se pose la question suivante : « Qui nous a dénoncé ? ». A coups de flashbacks, de portraits et de changements de points de vue, Quentin Tarantino fait tourner en rond le spectateur, pour finalement dénoncer la « balance » à la toute fin du long-métrage.

 Œuvre essentielle dans la filmographie du cinéaste américain, Reservoir Dogs représente parfaitement ce qu’on appelle aujourd’hui, le style tarantinien. Les gangsters, auparavant froids et austères (la trilogie du Parrain de Coppola, par exemple), évoluent désormais dans un monde pop, celui de Madonna et des fast-foods. Ce changement de décor, instigué par Tarantino et inspiré par Godard &Cie, imprègne le cinéma américain et influence encore aujourd’hui, et pas que dans les films de gangsters (Spring Breakers, drame d’Harmony Korine sorti il y a quelques mois à peine).

 Reservoir Dogs instaure également un thème récurrent dans l’œuvre de Tarantino, la violence, et le sang qui en découle. D’une rare cruauté, le premier long-métrage du cinéaste marqua par une barbarie qui put en répugner plus d’un (le film fut d’ailleurs interdit aux moins de 16 ans). Le personnage de Mr Blonde (Michael Madsen) est l’incarnation de la violence tarantienne. Psychopathe ou fou-dangereux, c’est lui qui déclenche la fusillade contre la police et ainsi fait échouer le braquage. Mais c’est surtout lors de la scène de torture d’un policier pris en otage, passage mémorable et poignant par son horreur, que Mr Blonde se dévoile. En scalpant une oreille puis en tentant d’immoler le pauvre homme, le personnage, sadique à souhait, se révèle être la personnification de la violence du cinéma tarantinien, présente dans toute son œuvre.

 Enfin, Reservoir Dogs montre le talent, prometteur à l’époque puis génial par la suite, de Quentin Tarantino. Bande originale des 70’s, contraste entre couleurs-pop, luminosité éclatante, et le noir de l’entrepôt des gangsters, dialogues d’une vulgarité quasi-poétique… le film impressionne par le style qu’il impose, remarquable et novateur. Les plans sont toujours filmés d’une main de maître, les acteurs jouent justes avec humour ou sérieux selon l’exigence de la situation… L’intrigue, extrêmement bien ficelée avec un scénario au dénouement inattendu, basée sur les flashbacks et la personnalité des gangsters, révolutionna le cinéma américain et dévoila l’étendue du génie tarantinien.

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