Jackie Brown

de Quentin Tarantino,
1998,
avec Pam Grier, Samuel L. Jackson, Robert De Niro…

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Tarantino et le genre féminin

 Jackie Brown est le troisième long-métrage de l’œuvre cinématographique de Tarantino, une saga comportant, entre autres, Inglorious Basterds, Kill Bill ou encore, plus récemment, Django Unchained. Alors que les deux précédents films, Reservoir Dogs et Pulp Fiction avaient pour personnages principaux des hommes (quoi qu’Uma Thurman ait un rôle prépondérant dans Pulp Fiction), celui-ci conte l’histoire de Jackie (Pam Grier), une femme afro-américaine.

 Jackie, 44 ans et employée comme hôtesse de l’air dans une compagnie aérienne minable, semble mener une vie tout à fait banale. Mais un soir, en quittant le travail, elle se fait contrôler puis arrêter par la police pour transport d’argent illicite et détention de drogue. On découvre vite qu’elle travaille pour un trafiquant d’armes, Ordell (Samuel L. Jackson), un petit caïd se prenant pour un truand international et dont les soucis s’accumulent de jour en jour. Jackie décide alors de mener un double jeu, d’embobiner la police et Ordell, et de filer avec un demi-million de dollars, qu’elle a promis de rendre à la fois au trafiquant et aux policiers.

 Avec Jackie Brown, Quentin Tarantino signe un nouveau film de gangsters, même si ce dernier se démarque des autres. L’héros, ou l’héroïne donc, est une femme, une première dans l’œuvre du cinéaste qui avait confié ses premiers grands rôles exclusivement à des hommes (Tim Roth, John Travolta, Bruce Willis…). Tarantino continue de démystifier le gangster américain, cette fois-ci à travers le personnage de Robert De Niro, un ex-taulard ignorant et stupide, associé à Ordell. Moins rythmé que Pulp Fiction, Jackie Brown semble du coup plus long que son prédécesseur. La faute à quelques discours, peut-être en trop, et au montage, allongeant certaines scènes et laissant ainsi quelques « blancs », des passages où aucun personnage ne parle et où l’intrigue n’avance pas.

 Néanmoins, Jackie Brown diffère nettement de Pulp Fiction et de Reservoir Dogs quant au style imposé. Toujours dans l’esthétique tarantienne (couleurs flash, bande-son pop, omniprésence du sang, etc.), le film évoque cette fois une certaine ambiance reggae, ensoleillée et décontractée, voire lente même par moments, comme il est expliqué un peu plus haut. De plus, alors que les deux premiers films du cinéaste américain traitaient plus spécialement de gangsters blancs, celui-ci affiche deux nouveaux « types de truand » : les noirs et les femmes. Ces deux « minorités criminelles », dans le cinéma américain, seront reprises par la suite, par exemple dans Kill Bill ou Django. Cependant on retrouve le génie de Tarantino dans quelques passages, notamment dans la scène finale, vue, et donc filmée, sous quatre points de vue différents ! Les personnages de Samuel L. Jackson et de De Niro sont typique du cinéma tarantinien, par leur stupidité attachante. Enfin, les composantes essentielles d’un film de Tarantino, belles voitures, musique pop et hémoglobine de partout, sont présente, rassurez-vous.

 Jackie Brown, malgré le peu d’innovation qu’il apporte à l’œuvre de Tarantino, reste malgré tout un excellent film. Le scénario, point fort du film, tient le spectateur en haleine pendant près de cent-cinquante minutes. Pam Grier, décevante quand on la compare aux autres héros du cinéaste, livre néanmoins une prestation correcte mais ce sont surtout les deux truands ridicules, Jackson et De Niro, qui tirent le film, par leur idiotie et leur ignorance. Ne parvenant pas à se hisser au niveau de Pulp Fiction et de Reservoir Dogs, le film peut décevoir certains fans de Tarantino mais reste tout de même une référence du cinéma pop américain.

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