Walking Dead

 Walking Dead, avant d’être une série TV, est une BD, ou plutôt un comic, créé par Robert Kirkman et Frank Darabont. A ce jour, dix-sept numéros ont été publiés par Image Comics, l’un des plus gros éditeurs de bandes dessinées américain. Walking Dead est un véritable phénomène culturel, accumulant les succès commerciaux, avec près de deux millions d’exemplaires vendus dans le monde et une adaptation télévisuelle remarquable, diffusée par AMC (Mad Men, Breaking Bad…).

walking-dead-dessin

 L’histoire semble pourtant assez banale, elle décrit, à première vue, une Amérique zombifiée dans laquelle des survivants tente de s’en sortir. Le personnage principal est Rick, un flic qui se réveille d’un long coma et découvre ce monde absurde, infesté de morts-vivants et dépourvu de la moindre humanité. Après avoir, en vain, fouillé sa petite ville pour retrouver sa famille, il décide de partir pour Atlanta, où une résistance armée se serait formée.

 Gare aux apparences, Walking Dead ne ressemble pas à tout ces prétendus films d’horreur, sanguinolents, plus ennuyant qu’effrayant – non. Bien au contraire, Walking Dead, comme le dit le scénariste Robert Kirkman, c’est bien plus que ça ! Une véritable dystopie apocalyptique, qui montre un univers violent, désespéré et dément. C’est avant tout un monde absurde, envahi de morts-vivants qui semblent être apparus sans aucune raison. Rick trouve néanmoins une raison de se battre dans cette nouvelle vie : retrouver sa femme et son fils, tous deux disparus. Mais ce but, qu’il se donne, ne sera pas atteint aisément, car ce monde, qui lui est inconnu, baigne dans une violence extrême. Les zombies, toujours plus nombreux, mordent tout être humain se trouvant à leur portée, afin qu’à leur tour, ils deviennent des morts-vivants. La société survivaliste devrait donc développer donc des traits individualistes : la loi du plus fort reprend ses droits, chacun ne doit penser qu’à sa survie, l’étranger est toujours un inconnu, susceptible d’être dangereux, avant d’être un être humain… Pourtant, allant au delà des à-priori décrivant une humanité violente, Walking Dead  expose une toute autre vision du monde apocalyptique : une société humaniste, d’entraide, où les hommes, bien qu’ayant toujours des problèmes (mineurs, comme la jalousie, la tristesse ou l’angoisse), se concentrent davantage sur la survie du plus grand nombre que sur la satisfaction de leurs désirs personnels.

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 Le comic s’attache principalement à l’évolution des personnages et de leurs comportements (leurs attitudes face à des difficultés personnels, comme le deuil, ou leurs réactions face à des soucis majeurs, comme la survie), ne s’intéressant finalement que très peu aux morts-vivants. Ces zombies ne sont présents que dans le seul but de « justifier » ce cadre apocalyptique, quoi que la justification de leur apparition n’est pas donnée. Dessiné en noir et blanc et dans un style comics, Walking Dead se lit avec un plaisir visuel et lexical, les dialogues étant, assez curieusement, par rapport à la vision que je me faisais du comics, très bien écris. Pourtant pas un très grand fan de bandes dessinées à l’origine, Walking Dead m’a séduit, dès les premières pages. Le seul bémol de ce format (la BD ou le comics) reste le prix, environ une quinzaine d’euros pour un numéro datant de 2003… Mais ce n’est pas un problème essentiel. Walking Dead  m’a permis de m’ouvrir à ce vaste genre littéraire, souvent sous-estimé, qu’est la bande dessinée et à son sous-genre, le comics.

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