Effets Secondaires

Vous reprendrez bien un peu d’Ablixa ?

 Magic Mike, la saga Oceans (Eleven, Twelve et 13’), Erin Brockovich ou encore Kafka… Le talent du cinéaste Steven Soderbergh n’est plus à prouver. Son dernier film, Effets Secondaires, démontre une nouvelle fois le talent du réalisateur, reconnu mondialement depuis 2001 (Oscar du meilleur réalisateur pour Traffic). Avec près de 500 000 entrées en France, Effets Secondaires illustre parfaitement l’œuvre de Steven Soderbergh, partagée entre cinéphilie et succès populaire.

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 Dans Effets Secondaires, Steven Soderbergh raconte la même histoire, un meurtre aux responsabilités douteuses, sous trois points de vue différents. Jon Banks (Jude Law), un psychiatre new-yorkais, s’occupe d’une nouvelle patiente, Emilie (Rooney Mara), une femme dépressive. Le docteur lui prescrit de nombreux médicaments, mais aucun ne semble réellement fonctionner sur Emilie, toujours aussi malheureuse – jusqu’au jour où son psychiatre lui donne de l’Ablixa, l’antidépresseur à la mode. Le remède fonctionne à la perfection, Emilie retrouve goût à la vie et son couple ne s’en porte que mieux. Mais un matin, la jeune fille se lève et découvre le cadavre ensanglanté de son mari, poignardé plusieurs fois. La police déduit assez vite qu’Emilie est la coupable, cependant cette dernière affirme ne se souvenir de rien. Le psychiatre accuse alors l’Ablixa, et ses effets secondaires. Mais qui est le véritable responsable ? L’Ablixa, et ses possibles effets secondaires ? Le psychiatre, ayant fourni le médicament ? Ou bien Emilie, qui aurait habilement camouflé son meurtre ?

 Thriller psychologique haletant, voire perturbant par moments, Effets Secondaires plonge directement le spectateur dans cette enquête au joyeux pays des antidépresseurs. Vous serez guidé par Jude Law, impeccable dans son rôle de psychiatre pris par le cercle vicieux des responsabilités pénales américaines. Durant ce voyage, vous rencontrerez la troublante Emilie, remarquablement jouée par Rooney Mara. Cette femme, qui est soit une meurtrière, soit une folle ou bien une victime innocente des produits pharmaceutiques, nous dérange par sa normalité. L’avis du spectateur sur Emilie, et sa personnalité, change de scène en scène, tant ce personnage est difficile à cerner. De même pour tout les protagonistes. Jon Banks, le psychiatre, semble longtemps être le bouc-émissaire, le citoyen juste et honnête, malencontreusement pris dans une horrible affaire, dont personne n’aurait voulu prendre part.  L’opinion du spectateur sur ce psychiatre changera radicalement dans les dernières scènes. De même pour les personnages secondaires, le mari d’Emilie (Channing Tatum) ou bien le Dr. Siebert (Catherine Zeta-Jones), des personnages, aux comportements ambigus, agissant étrangement voire violemment. Steven Soderbergh réussit à installer une ambiance à la Black Swan, dans laquelle le spectateur se méfie de tous les personnages.

 Mais en quoi Effets Secondaires, à priori un thriller psychologique comme tant d’autres, parvient à se démarquer du genre ? La réponse est simple : Steven Soderbergh. Le cinéaste, grâce à quelques prouesses techniques, rappelle (sans égaler) Figth Club et Black Swan, deux références du genre. L’ambiance, qu’instaure Soderbergh, perturbe, par la banalité des décors (l’appartement d’Emilie, filmé comme le fait le cinéaste, évoque notre quotidien), des personnages (le couple d’Emilie, la famille de Jon Banks et tous les autres protagonistes semblent tout à fait normaux, sans problèmes) ou même du scénario (une simple histoire d’antidépresseurs – l’un des médicaments les plus utilisés en France). Malgré un manque de style, aspect un peu décevant vu la qualité du film, le film séduit, par son esthétique et son ambiance. Soderbergh impressionne aussi par sa manière de filmer. Par exemple, l’entretien, enregistré sur caméscope, entre Emilie et son psychiatre, déstabilise le spectateur, grâce au type de plan privilégié, la répercussion de la lumières sur les visages des personnages. On peut aussi parler des premiers et derniers plans du long-métrage, qui sont en fait similaires, mais inversés par le cinéaste. Soderbergh aborde aussi quelques problèmes de société, comme le fonctionnement de la justice américaine, surmédiatisé et où seul l’argent triomphe, ou bien l’immoralité de la grande industrie, en l’occurrence l’industrie pharmaceutique.

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 Steven Soderbergh s’est bien entouré pour Effets Secondaires, réunissant un casting de de haute volée : Jude Law (Hugo Cabret, Stalingrad et bien sur Sherlock Holmes), Rooney Mara (The Social Network, Millenium) et ses deux chouchous, Catherine Zeta-Jones (qu’il avait déjà choisi dans Traffic ou Oceans) et Channing Tatum (révélé dans Magic Mike). Cinéaste au talent indéniable, Steven Soderbergh livre un thriller psychologique haletant et perturbant, tout en évoquant notre quotidien et sa banalité. Effets Secondaires a le mérite de pouvoir séduire un public large, cinéphiles, amateurs de thrillers, de films psychologiques… en bref, une véritable réussite.

PS : tenté par l’Ablixa ? http://www.tryablixa.com/ ou https://twitter.com/pressCritik

Effets Secondaires
de Steven Soderbergh,

2013,
avec Jude Law, Rooney Mara, Channing Tatum…

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