The Bling Ring

Sofia Coppola VS Harmony Korine

 Il y a quelques mois sortait en salles le dernier long-métrage d’Harmony Korine, Spring Breakers. L’icône (parmi d’autres) du cinéma indépendant américain nous contait alors les déboires de quatre adulescentes en totale perdition sur les plages de Floride. Il y a quelques semaines, au Festival de Cannes, était présenté, dans la catégorie « Un certain regard », le dernier long-métrage de Sofia Coppola, The Bling Ring. L’icône (parmi d’autres) du cinéma indépendant américain nous contait alors les déboires de quatre adulescentes, et d’un jeune homme, en totale perdition sous le soleil de Californie. Tout jugement visant à affirmer l’existence de quelques similarités entre ces deux films serait un jugement fort impromptu de votre part.

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 Mais parlons plus sérieusement ; Spring Breakers et The Bling Ring ne se ressemblent pas vraiment. En effet, dans son film, Harmony Korine imagine le spring break, mouvementé, de quatre jeunes filles alors que Sofia Coppola, à travers The Bling Ring, ne fait qu’adapter un fait divers – une série de braquage à Hollywood – datant de 2009. Les deux scénarios n’ont donc rien en commun : le premier raconte la descente aux enfers (gun, alcool, drogue…) de Vanessa Hugdens &cie quand le second narre les exploits d’un « gang », spécialisé dans le braquage des maisons hollywoodiennes. Enfin, les personnages de Korine – quatre copines originaires du Middle West un peu pommées – et de Coppola Jr. – cinq ami(e)s surcocaïnés vivant dans les quartiers bourges de L.A. – diffèrent en tous points.

 Quoi ? Vous voulez encore une comparaison Spring Breakers/The Bling Ring ? Bon très bien, accordé… On peut effectivement remarquer que les deux réalisateurs ont eu une démarche cinématographique similaire. Par exemple, le scénario aborde le thème de la jeunesse, et les problèmes qu’il pose. Afin de « crédibiliser » cet aspect jeune, les cinéastes se sont intéressés à cette culture jeune. La culture cinématographique des jeunes avant tout. Ainsi, Korine et Coppola Jr. sont allés dénicher les starlettes favorites des teenagers : Vanessa Hugdens (alias Gabriella dans High School Musical) et Selena Gomez (alias la girlfriend de Justin Bieber) dans Spring Breakers et Emma Watson (alias Hermione dans Harry Potter) dans The Bling Ring. Les deux réalisateurs se sont également renseignés à propos de la culture musicale des jeunes ; Harmony Korine privilégiant Skrillex et Britney Spears quand Sofia Coppola choisissait Kanye West et Phoenix.

 Mais désormais, comme dirait notre ancien premier ministre, « Je vous demande de vous arrêter ! » car la comparaison Spring Breakers/The Bling Ring doit s’arrêter là. Le film de Sofia Coppola n’égalant en aucun cas le chef d’œuvre d’Harmony Korine. En effet, le style, proche, par l’esthétique ou encore la bande-son, de Spring Breakers, qu’on avait pu apercevoir dans la bande annonce est tout simplement absent du long-métrage. La bande-annonce semblait exposer un film stylisé et stylé, un film audacieux et sexy, un film original et exaltant… Malheureusement, il ne fallait pas oublier qu’il était signé Sofia Coppola, cinéaste reconnue pour son œuvre assez mélancolique, voire dépressive. Le style de la bande annonce laisse donc place à un rythme plat et répétitif. On a la désagréable impression que la cinéaste reproduit sans cesse le même schéma scénaristique : braquage, vêtements, boîte de nuit, cocaïne. Heureusement, entre deux ou trois cambriolages, un « incident », type accident de voiture ou coup de feu involontaire, intervient car, sinon, le spectateur s’endort. Ce sentiment de répétition, lassant et pénible, est d’autant plus agaçant quand on connait le talent de Sofia Coppola. On devine d’ailleurs ce talent dans quelques scènes improbables, comme quand le gang s’improvise vendeurs à la sauvette, ou lors de la scène finale, montée en accéléré, grâce à une figure de style cinématographique simple, mais efficace.

 Qu’est ce que Sofia Coppola voulait transmettre à travers The Bling Ring ? C’est la première question qui nous vient à l’esprit en sortant de la salle. En effet, rien ne semble ressortir de cette œuvre : aucun symbolisme artistique, aucune réflexion sur l’acte, aucun jugement… était-ce voulu de la part de la cinéaste ? Souhaitait-elle réaliser un film amoral, au jugement neutre ? Peut-être que Sofia Coppola désirait laisser le spectateur se forger un avis sur ce gang… Mais ce parti-pris, s’il a été volontaire, est complètement idiot ! Notre réflexion sur cet acte a, pour la plupart d’entre nous, était faite en 2009, lorsque ce fait divers a été surmédiatisé mondialement ! Ce parti-pris donne à The Bling Ring une tournure documentaire alors que le long-métrage est, à la base, une fiction. En effet, le jugement neutre et l’impression de simplement raconter les événements (ici des braquages à Hollywood) confèrent à The Bling Ring un côté documentaire – un côté mauvais documentaire. Tous les aspects intéressants, qu’aurait pu développer Sofia Coppola à propos d’un tel fait divers, sont tout bonnement oubliés, ignorés. La cinéaste aurait pu filmer la dérive infernale de ces cinq adulescents. Elle aurait également pu proposer une véritable réflexion sur l’acte (il n’est en effet pas anodin de braquer Paris Hilton ou Lindsay Lohan) ou sur ce qui l’entourait (la fascination pour les peoples, la surmédiatisation du fait divers…). Mais non.

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Si la démarche artistique et cinématographique de Sofia Coppola est tout simplement mauvaise, on ne peut pas en dire autant des acteurs, tous impeccables dans leur rôle d’adulescent paumé et pourri-gâté. Emma Watson, interprétant ici son premier grand rôle depuis Harry Potter, réussit parfaitement sa métamorphose, passant de la gentille Hermione Granger à la terrible garce, Nicky. Malgré tout, malgré ce fiasco qu’est The Bling Ring, on éprouve quand même de la sympathie pour Sofia Coppola, ou plutôt une certaine attirance. Cette réalisatrice possède un charme cinématographique indéniable, qu’on arrive à apercevoir dans quelques rares scènes de The Bling Ring. D’où vient ce charme ? De son talent artistique ? Ou bien peut-être nous voilons-nous la face et ne voyons en Sofia que la fille de Don Coppola ? Mais ne terminons pas cette critique sur une note positive. The Bling Ring est tout simplement un raté, une déception. Le peuple cinéphile avait placé énormément d’espoir en ce film, projeté à Cannes, offrant une bande-annonce séduisante et présentant le premier grand rôle d’Emma Watson… On avait cru voir en The Bling Ring la variante chic de Spring Breakers… Et bien non, c’est raté.

PS : Pour voir Hermione Granger braquer Paris Hilton, cliquez sur les liens ci-dessous… :

http://theblingring.com/
http://www.imdb.com/title/tt2132285/
https://twitter.com/pressCritik

The Bling Ring
de Sofia Coppola
2013
avec Emma Watson,  Israel Broussard….

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