Man of Steel

BatSuperman Begins

 Alors que, chaque année, de nouveaux super-héros apparaissent sur nos écrans (Iron Man, Thor ou encore Green Lantern), ou sont l’objet d’une mise à jour (Spiderman, X-Men) ; on se demandait comment le mythique Superman faisait pour ne pas succomber à ce phénomène. Annoncée depuis 2010, cette saga Superman – Man of Steel s’inspirera de la trilogie Batman – The Dark Knight, réalisée par Christopher Nolan. Véritable référence en terme d’adaptation de comics sur grand écran, la série, sortie entre 2005 et 2012, sert désormais de modèle artistique, tant son succès fut critique et commercial (un peu plus de deux milliards de dollars de recettes cumulées…). Christopher Nolan est d’ailleurs impliqué dans Man of Steel : il a participé à l’écriture du scénario et fait partie de l’équipe de production. Sur le papier, cette énième adaptation de Superman promettait beaucoup : Christopher Nolan à la production et au scénar’, Zack Snyder (Watchmen – Les Gardiens) à la réalisation… Présenté comme LE blockbuster de l’été, ce Superman annonce-t-il une saga épique ou bien n’est-il qu’une pâle adaptation hollywoodienne ?

MAN OF STEEL

 Comme expliqué plus haut, cette trilogie Man of Steel calque le modèle de la série The Dark Knight ; ce qui veut donc dire que ce premier épisode sert à présenter le super-héros, ses origines, d’où viennent ses pouvoirs, pourquoi agit-il etc… comme le fit Batman Begins avec le personnage de l’homme chauve-souris. Le film retrace donc les débuts de Superman : sa naissance sur Krypton, son arrivée sur Terre, son enfance puis son adolescence… bref, la vie de Clark Kent (le nom de Superman sur notre planète). De plus en plus curieux au fil des années, le jeune Clark se demande pourquoi il est différent et finit par trouver une réponse dans la carcasse d’un vaisseau spatial, garé sous la neige du Pôle Nord. En entrant dans ce navire de l’espace, Clark déclenche une balise intersidérale qui va bouleverser la planète Terre. En effet, alerté par le signal interstellaire, un vaisseau rempli de méchants kryptonniens déboule sur la planète bleue et exige la reddition de Kal-El, le nom kryptonnien de Superman. Et c’est ainsi que Clark Kent devint Superman.

 Est-ce que cette fin de résumé vous a vous aussi fait penser à un film de science-fiction ? Car c’est là le défaut de ce Superman : on a plus l’impression d’assister à la Guerre des Mondes ou à un Startrek qu’à un film de super-héros. Le début du long-métrage, qui se déroule sur Krypton et raconte la destruction de cette planète, semble véritablement appartenir au genre de la science-fiction (Snyder réalise d’ailleurs une référence très explicite à Avatar) – même si il développe quelques aspects intéressants. Cependant, si le duo Snyder/Nolan s’était contenté d’un simple début type science-fiction, cela n’aurait surement posé aucun problème. Malheureusement, la majeure partie de l’œuvre relève de ce genre. En effet, dès que Zod, et son armée de méchants kryptonniens, débarque sur Terre (ce qui est déjà une invasion extraterrestre), le film délaisse le côté psychologique, l’aspect humain de Superman pour se concentrer sur de grosses scènes d’actions avec des robots extraterrestres, des soucoupes volantes, des allers-retours dans l’espace etc… En gros, ce qu’Hollywood fait « le mieux » (ou plutôt le plus) depuis une quinzaine d’années. Ceci nous ramène d’ailleurs a un autre défaut, moins important tout de même, que l’on ne peut que constater dans Man of Steel ; la simplicité scénaristique hollywoodienne. Contrairement à la trilogie The Dark Knight, ou chaque personnage nous troublait, nous perturbait, ce Superman classe d’emblée les personnages, désignant d’office les gentils et les méchants. Il y aura donc, d’un côté, Superman et ses parents, accompagné par l’équipe journalistique du Daily Planet, et de l’autre, les méchants aliens de Zod. L’armée américaine, plus longue à se décider, choisit finalement assez vite son camp – celui des gentils, évidemment. Minimaliste et caricatural, ce schéma narratif est tout simplement obsolète et lassant, à force.

 Même si le duo Snyder/Nolan n’est pas parvenu à imiter les personnages sombres de The Dark Knight, nous ne pouvons néanmoins pas lui reprocher d’avoir essayé d’instaurer la même ambiance, la même atmosphère que Batman Begins. Comme dans le premier volet de la saga de Nolan, Man of Steel parle des origines du super-héros. Les courts passages revenant sur l’enfance et l’adolescence de Superman tentent d’expliquer comment et pourquoi Clark Kent est devenu Superman. Mais ces moments, trop peu nombreux et pas assez longs, disparaissent vite au profit de l’action spectaculaire. Il aurait été intéressant, et audacieux, de traiter davantage cet aspect psychologique, voir psychanalytique, du super-héros, comme le fit Christopher Nolan avec Batman. Cependant, Man of Steel évoque d’autres thématiques, plus politiques comme l’écologie (qui pose problème dans le monde entier), la légitimité d’une révolution (qui pose problème dans le monde arabe, par exemple) ou encore la peur de l’eugénisme (une peur intemporelle et universelle ?). S’inspirant d’Aldous Huxley, Man of Steel reprend l’idée d’une société génétiquement prédéterminée, où chaque être est d’avance prédestiné à quelque chose. Le film reprend aussi la thèse du surhomme de Nietzche, affirmant explicitement, lors d’une scène de combat, que la moralité est la faiblesse de l’être humain et que l’homme fort est amoral.

 Zack Snyder souhaitait, même s’il s’en inspire nettement, s’affranchir du modèle Batman Begins. Ainsi, le cinéaste s’éloigne du style sombre, noir de la trilogie The Dark Knight, et impose son propre style, plus mythique, presque divin. Alors que Batman était en permanence plongé dans la nuit, entre les immeubles de Gotham, Superman vit lui dans la nature, sous le ciel et le soleil. Quand le Batman de Nolan s’entraîne dans sa grotte ou dans des sous-sols d’entreprises, le Superman de Snyder apprend à maîtriser ses pouvoirs sur la banquise, ou dans le désert. Nolan tentait d’assombrir son héros, Snyder veut lui le sublimer, le magnifier. Ces passages, quand Clark travaille sur un bateau ou quand, encore enfant, il joue dehors, sont juste magnifiquement filmés par la caméra de Snyder. De manière générale, la façon de filmer de Snyder est irréprochable, originale et audacieuse même, et ce à plusieurs reprises. Assorti d’effets spéciaux spectaculaires (mais pas forcément agréables), Man of Steel s’impose comme une référence technique pour tout blockbuster hollywoodien.

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 Comme dans la plupart des blockbusters estivaux, aucun comédien ne sort particulièrement du lot, si ce n’est Michael Shannon, qui parvient à se démarquer des autres malgré un rôle ingrat : le méchant pur et dur, bête et méchant. A noter également, la petite folie de Zack Snyder lors de la scène finale de ce Man of Steel : une scène complètement improbable, humoristique, où le spectateur reste juste scotché devant l’écran, un « WTF ?! » lui pendant au bout des lèvres… C’est la seule petite touche fantaisiste de ce film qui hésite entre la crédibilité d’un The Dark Knight, le côté grand spectacle d’un Iron Man et l’étiquette « Blockbuster de qualité, made in Hollywood » qu’on avait, par exemple, pu coller aux Avengers de Joss Whedon… Au final donc, peu de surprise, un peu de déception mais, cependant, un espoir, optimiste, pour le second opus, prévu en 2014.

PS : vous aussi, aidez Clark Kent à retrouver son légendaire slip rouge en cliquant sur les liens ci-dessous… :

http://manofsteel.warnerbros.com/index.html
http://www.imdb.com/title/tt0770828/
https://twitter.com/pressCritik

Man of Steel
de Zack Snyder,
2013,
avec Henry Cavill, Michael Shannon, Amy Adams…

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