Moi, moche et méchant 2

Moi, minion et marrant

 Trois ans après un premier opus prometteur, mais malheureusement pas encore abouti, les minions de Moi, moche et méchant reviennent cet été, avec pour modeste ambition de devenir LE blockbuster animé de l’été. Mais attention, la compétition s’annonce disputée, car un concurrent de poids, réalisé par les géniaux studios Pixar, sortira le 10 juillet… Je parle évidemment de la suite, ou plutôt du préquelle, du mythique Monstres et Cie, dont la copie originale date de 2001. Dans la course au titre de dessin animé de l’été, le Monstres Academy de Pixar part avec une, voir plusieurs, longueurs d’avances. En effet, le légendaire studio, spécialisé dans le film d’animation et dont le talent et la créativité ne sont plus à contester (Wall-E, Toy Story, Là-Haut…), a bien plus de moyens que son adversaire estival – ce qui veux donc dire plus de budget, de promotion etc… Néanmoins, ne criez pas victoire trop tôt, car Moi, moche et méchant 2 n’est pas en reste, loin de là. Le film, produit par des studios français (la branche hexagonale d’Universal Pictures, la société cinématographique hollywoodienne) a tout de même réussi à enrôler quelques stars américaines (Steve Carell ou Russell Brand) et françaises (Gad Elmaleh ou Eric Cantona) pour doubler les voix de ses personnages. La lutte entre Monstres Academy et Moi, moche et méchant devrait donc être plus serrée que prévue…

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 Dans ce deuxième épisode, Gru, qui a abandonné la super-criminalité, se consacre entièrement à l’éducation de ses trois filles, Margo, Edith et Agnès. Mais un jour, alors que Gru semble s’être définitivement rangé, les services secrets viennent sonner à la porte. Ils proposent au jeune père de famille de travailler pour le gouvernement. La mission consiste à identifier, puis retrouver, un super-criminel ayant dérobé un sérum monstrueux et extrêmement dangereux. Gru, désabusé par la monotonie de sa nouvelle vie, accepte. Pour mener à bien à sa mission, il devra être accompagné par une autre espionne, Lucy. Le couple d’agents secrets s’installe alors dans un centre commercial, car c’est ici qu’ont été retrouvées les dernières traces du sérum. Mais qui est le coupable ? Gru, Lucy, et les minions, sont contraints de mener l’enquête…

 Drôle et attachant, ce Moi, moche et méchant réunit deux des conditions essentielles à la réalisation d’un bon dessin animé. Principalement basé sur le comique de geste et de situation, le film fera rire enfants et parents. Gru, gaffeur et maladroit avec les femmes, ou encore le professeur Néfario, sorte de bouffon savant, ne sont rien, humoristiquement parlant, comparés à la force comique des minions, ces petits automates jaunes aux yeux démesurés et au langage incompréhensible. Mélange d’absurde et d’humour puéril, les minions vont probablement se faire une place dans le monde vaste des personnages cultes de l’animé. Comme tout bon film d’animation, Moi, moche et méchant invente un monde entre fantaisie quotidienne et réalité contemporaine. Les enfants, pouvant d’identifier aux personnages de Margo, Edith ou Agnès, s’émerveilleront, par exemple, dans le quartier de Gru, terriblement réaliste, mais où on  pourra néanmoins voir une voiture amphibie volante ou encore une bataille de rouge à lèvre laser. Cet objet, comme tant d’autre utilisés tout au long du film, n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’univers des Tottaly Spies, l’un des dessins animés les plus regardés par les mômes du 21ème siècle…

 Les références cinématographiques, pas seulement enfantines, sont d’ailleurs extrêmement présentes dans Moi, moche et méchant. Les spectateurs attentifs pourront observer une référence à King Kong, lors de l’affrontement final entre Gru et le super-criminel. Pendant ce même passage, les minions, armés jusqu’aux dents, prennent la même pose que les Expendables de Sylvester Stallone. Mais la référence cinématographique la plus évidente reste celle faite à la saga James Bond. Les scénaristes ont en effet repris les thèmes de la série britannique : travailler pour les services secrets, sauver le monde et, of course, séduire des femmes fatales… Dans Moi, moche et méchant, James Bond devient Gru, Lucy interprète le rôle de la James Bond’girl, et M se transforme en Silas de Lamolefès. Ces trois personnages, incontournables dans la saga anglaise, sont ici accompagnés par les minions, que l’on pourrait presque comparer au peuple britannique, dont James Bond est, en tout cas à l’origine de la série, le protecteur.

 Mais la plus grosse source d’influence de Moi, moche et méchant se révèle sociétale, et non cinématographique. Ainsi, et ce malgré son statut de production française, le dessin animé des studios Universal Pictures semble vouloir dresser le portrait des Etats-Unis de 2013. L’Amérique contemporaine est indéniablement marquée par l’immigration mexicaine, et Moi, moche et méchant insiste beaucoup sur ce point : deux des personnages principaux sont hispaniques et tiennent un restaurant mexicain, et on assiste même au Cinco de Mayo, la fête nationale mexicaine ! L’Amérique contemporaine se caractérise également par la consommation, la tendance socio-économique adoptée aux Etats-Unis depuis les 50’s. Moi, moche et méchant transmet cette idée en faisant d’un centre commercial anodin un lieu essentiel à l’intrigue, de la même manière que Quentin Tarantino dans Jackie Brown. Le film se réfère aussi à la culture américaine. La culture cinématographique d’abord, comme dit plus haut, Moi, moche et méchant reprend des scènes hollywoodiennes cultes. La culture musicale également, comme le montre la chorégraphie des minions sur le YMCA des Village People. Les minions se rapportent même à l’art photographique américain, recopiant à l’identique Lunch atop a skycraper, la photo historique représentant des ouvriers new-yorkais mangeant leur sandwichs pendant la construction d’un gratte ciel.

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 Plus qu’un simple dessin animé, ce Moi, moche et méchant 2 s’impose comme un modèle du genre. Drôle, attachant, « moral » (l’œuvre dit clairement que les méchants perdent toujours, malgré son titre), ultra-référencé cinématographiquement… Moi, moche et méchant réunit tout les traits propres au film d’animation. Le film parvient surtout à transmettre une ambiance fantaisiste, à proposer un monde réel où on peut trouver de l’extra-ordinaire à chaque coin de rue, une chose essentielle dans toute histoire pour enfant. A noter également, la présence de deux véritables stars dans ce Moi, moche et méchant ; Al Pacino, qui, pour la première fois de sa carrière, double la voix d’un personnage animé, et Pharell, en charge de la bande-son du film. Ajoutons à cela le phénomène minion, qui risque bien d’envahir le monde du film d’animation – un long-métrage, exclusivement basé sur les minions, serait même envisagé par les studios Universal Pictures…

PS : ci-dessous, quelques liens pour écouter le nouveau single de Pharell, en featuring avec les minions… :

http://despicableme.com/
http://www.imdb.com/title/tt1690953/
https://twitter.com/pressCritik

Moi, moche et méchant 2 (Despicable Me 2)
de Chris Renaud & Pierre Coffin,
2013,
avec Steve Carell, Kristen Wiig, Al Pacino…

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