L’agenda Ciné

Ce qu’il ne faudra pas manquer en Septembre…

 Une rentrée s’avère-t-elle toujours compliquée ? Dans le petit monde du cinéma, en tout cas, oui. Alors que l’été vient tout juste de s’achever – nous laissant à peine digérer ses blockbusters – septembre débarque, avec une pléiade de bonnes et de mauvaises nouvelles. Commençons donc par le mauvais aspect de cette rentrée. Premièrement, on va devoir se farcir les productions ratées qu’Hollywood n’a pas programmé en août ou juillet – allez savoir pourquoi… Ainsi, Roland Emmerich (2012, Le jour d’après…) et Michael Bay (Transformers) reviennent squatter les écrans du monde entier, au malheur des cinéphiles et au bonheur du ménager de moins de cinquante-ans. Deuxièmement, la fin des vacances rime généralement avec baisse de fréquentation des salles. Après un été maussade, sur un plan strictement commercial, avec notamment une nette baisse des entrées sur les mois de juillet et d’août, on devrait donc assister à une « mini-crise » du secteur, particulièrement dans les petits cinémas. Enfin, troisième et dernier malheur, la retraite de Hayao Miyazaki, un grand monsieur du cinéma, à qui le septième art asiatique, qu’on évoquera un peu plus bas, doit beaucoup.

 Mais ne soyons pas pessimistes ! Comme le clamait Roberto Benigni, la vie est belle ! Tachôns donc de rester positif et ne gardons que le meilleur du cinéma. Comme chaque mois désormais, pressCritik vous a sélectionné huit long-métrages, soit deux films par semaine, qu’il ne faudrait rater sous aucun prétexte. Néanmoins, il n’est pas simple pour tout le monde d’assister à huit séances par mois, faute de temps ou d’argent. C’est pourquoi pressCritik sélectionne trois films, les trois meilleurs films du mois, à voir absolument.

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Septembre… en trois qualificatifs

Exotique.

Singapour, Porto Rico, le Chili… La rentrée Ciné vous fera repartir en voyage !

– Avec la sortie d’Ilo Ilo, récompensé à Cannes cette année, l’actu Ciné démontre une nouvelle fois l’importance du cinéma asiatique, de plus en plus présent sur la scène internationale.
– Avec la sortie du dernier Jodorowski, La Danza de la Realidad. Le réalisateur chilien, ambassadeur d’un art – le cinéma sud-américain – pas tellement reconnu, revient avec une autobiographie, remarquée sur la Croisette en mai dernier.
– Avec la sortie de Jimmy P., le long-métrage d’Arnaud Desplechin avec Benicio Del Toro, le Che de Soderbergh. L’acteur d’origine portoricaine y incarne un indien blackfoot traumatisé par la Seconde Guerre Mondiale.

Audacieux.

Avec la sortie de nombreux films classables dans la catégorie Art&Essai :

Ilo Ilo, Caméra d’Or au Festival de Cannes 2013
Ma vie avec Liberace, nommé à Deauville et à Cannes
Jimmy P., adaptation d’une véritable psychothérapie, nommé à Cannes
Tip Top, nommé à Cannes, interprété par des icônes du cinéma indépendant francophone comme François Damien ou Sandrine Kiberlain

Américain.

La moitié des films retenus par pressCritik se revendiquent de l’Oncle Sam… De plus, le Festival du film américain de Deauville ouvre ses portes du 30 août du 8 septembre. Go America !

Blue Jasmine, du new-yorkais Woody Allen
Les amants du Texas, qui, grâce à son titre, ne nécessite aucun commentaire
You’re Next, l’horreur a toujours été américaine. Ou presque
Ma vie avec Liberace, Michael Douglas, Matt Damon, Steven Soderbergh. Made in America

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En septembre, dans les salles…

Ilo Ilo, d’Anthony Chen (04/09) : Caméra d’Or sur la Croisette et éloge de la critique française. Comme quoi, on ne produit pas que des contrefaçons en Asie.

You’re Next, d’Adam Wingard (04/09) : film d’horreur à petit budget, petit succès aux Etats-Unis et petite haie d’honneur dans quelques festivals spécialistes du genre. Une bonne surprise ?

La Danza de la realidad, d’Alejandro Jodorowski (04/09) : l’auto-biographie de celui qui devait réaliser le film SF du siècle, Dune.

Jimmy P., d’Arnaud Desplechin (11/09) : Almaric et Del Toro ont enthousiasmé – et le mot est faible – le tout Cannes avec leur séance de psychanalyse post-guerre. Ils en feront assurément de même avec nous.

Tip-Top, de Serge Bozon (11/09) : la note légère de la rentrée Ciné française. Cette comédie, où l’on retrouvera François Damiens, Isabelle Huppert ou Sandrine Kiberlain s’affiche comme un ovni au milieu d’un paysage humoristique français dominé par les surproductions surpayés.

Ma Vie avec Liberace, de Steven Sodebergh (18/09) : soi-disant la dernière oeuvre de Mr. Soderbergh (Oceans, Che, Magic Mike…). Raison officielle : retraite dument méritée pour un homme qui aura marqué le cinéma des 2000’s.

Les amants du Texas, de David Lowery (18/09) : LA révélation de cette rentrée. Plébiscité par la critique américaine, son succès était d’autant plus innatendu car ce n’est que la première oeuvre du jeune Lowery…

Blue Jasmine, de Woody Allen (25/09) : fini la tournée européenne (Barcelone, Rome et Paris). Le cinéaste new-yorkais revient à ses premières amours : une blonde qui fell in love in America.

la sélection pressCritik…

Septembre

Un été au ciné

#août2013

 World War Z, Pacifim Rim ou encore Wolverine… Comme chaque année, l’été nous réserve son lot de blockbusters hollywoodiens. Et ce mois de juillet n’a pas dérogé à la règle – rajoutez donc Monstres Academy et Les Schtroumpfs 2 pour les plus petits. Néanmoins, le cinéma d’auteur ne fut pas en reste ; quelques perles cinématographiques, venues de France et surtout d’ailleurs, illuminèrent ainsi les salles hexagonales. Les cinéphiles juilletistes purent, entre autres, admirer les merveilles proposées par l’Oncle Sam, tel Le Congrès, d’Ari Folman, Frances Ha, de Noam Baumbach, ou bien It felt like love, d’Eliza Hittman. Côté frenchie, pas grand-chose à se mettre sous la dent, si ce n’est le drame (sélectionné à Cannes en mai) franco-tchadien de Mahamat Saleh Haroun, Grigris. A noter également, les versions restaurées de quelques chef d’œuvres du septième art : Jour de fête, de Tati, La Baie des anges, de Demy, Hiroshima, mon amour, de Resnais et même Les sept samouraïs, du japonais Kurosawa.

ciné en plein air

Qu’attendre du mois d’août ? Et bien, un peu de tout, comme chaque été finalement.

– Lone Ranger, de Gore Verbinski : Johnny Depp en cowboy indien pour Disney. Accompagné par Armie Hammer. Un Pirate des caraïbes au Far West ?

– American Nightmare, de James DeMonaco : thriller, film d’horreur ? Intrigante et séduisante, la bande-annonce vaut le coup d’œil. Le film décrira une Amérique qui tolère l’anarchie – une nuit par an.

– Elysium, de Neill Blomkamp : le réalisateur du magnifique District 9 revient avec Matt Damon et Jodie Foster. Du talent, en veux-tu, en voilà.

– Kick-Ass 2, de Jeff Wadlow : la suite des aventures du super-héros le plus cool des dernières années. Attention, ce n’est plus Vaugnh (auteur du premier Kick-Ass et de X-Men : le commencement) aux commandes.

– Michael Kohlaas, d’Arnaud des Pallières : Mads Mikkelsen, Festival de Cannes. Ces deux qualificatifs ne vous suffisent pas ? Allez donc lire le speech du film, et on verra ensuite.

– Jeune & Jolie, de François Ozon : la seule beauté de Marine Vacth devrait vous convaincre. Sinon, on se contentera de citer la filmographie de son réalisateur : Dans la maison, Potiche

– Grand Central, de Rebecca Zlotowski : la romance d’un couple, formé de Tahar Rahim et Léa Seydoux, deux des comédiens parmi les plus doués de leur génération.

La sélection pressCritik :

aout 2013

Cannes #2013

 Quarante-huit heures. Cela fait désormais deux jours que Leonardo DiCaprio et Audrey Tautou, maîtresse de cérémonie, ont officiellement baptisés l’édition 2013 du plus beau festival cinématographique au monde – je parle, assurément, du Festival de Cannes. Bavant depuis plusieurs semaines devant la sélection officielle, les cinéphiles s’impatientaient en face de ce cru 2013, qui promettait, entre autre, le dernier film des frères Coen ou le retour du duo Refn/Gosling. Largement franco-américaine, la programmation a néanmoins placé quelques œuvres exotiques, on pense par exemple à Le Passé, de l’iranien Asghar Farhadi (réalisateur d’Une séparation) ou Heli d’Amat Escalante, le cinéaste mexicain. Deux-cent-seize heures. Il ne nous reste désormais plus que neuf jours pour s’émerveiller de la Croisette, de ses stars et de son glamour, des interviews du Grand Journal spécial Cannes, des spéculations sur les différentes palmes etc… Bref, notre temps est compté : cessons de déblatérer et mettons-nous à parler, à parler cinéma.

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 Commençons par le commencement, c’est-à-dire par le film d’ouverture, The Great Gatsby, nommé hors-compétition. Baz Luhrmann (Roméo+Juliette et Moulin Rouge) réunit Tobey Maguire (Las Vegas Parano mais surtout la trilogie Spiderman) et Carey Mulligan (Drive ou bien Public Ennemie) autour du grand, du génial, du magnifique désormais, Leonardo DiCaprio (je vous fais sa filmographie ?). Le tout réalisé dans une 3D d’une rare qualité, et sonorisé par Jay-Z… La bande-originale fera frémir mélomanes et cinéphiles, Gatsby rassemblant Beyonce, les Xx, Kanye West et la divine Lana Del Rey. Egalement hors-compétition, on retrouve le plus américain des frenchies, Guillaume Canet, nommé pour la première fois sur la Croisette en tant que cinéaste. Le créateur des Petits Mouchoirs, film plébiscité par le public français et boudé par les Césars, se rend à Cannes avec un thriller à l’américaine, Blood Ties. Guillaume a pris soin d’emmener avec lui d’immenses comédiens, Matias Schoenaerts (De Rouille et d’os), le grand, par la taille et le talent, acteur belge, Mila Kunis (Black Swan) et bien sur sa chérie, Marion Cotillard. Dans la catégorie Un certain regard, deux films ont retenus mon attention : As I Lay Dying et The Bling Ring. Le premier cité est signé James Franco, qui annonce ainsi au monde du cinéma qu’il se consacrera davantage à la réalisation qu’à l’interprétation dans les prochaines années. As I Lay Dying est l’adaptation du roman de William Faulkner ; l’histoire parle de la mort d’Addie Bundern, et surtout du transport de son corps, qui se transforme en véritable épopée. Le second film nous est livré par Sofia Coppola, qui n’est autre que la fille de Francis Ford. La réalisatrice de Somewhere raconte l’histoire d’un gang, le Bling Ring, de Los Angeles, qui avait défrayé la chronique il y a quelques années en cambriolant les maisons de stars hollywoodiennes. Ajoutez à cela Hermione Granger, je veux dire Emma Watson, et vous serez forcément tenté par The Bling Ring.

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 Mais ne nous éternisons pas sur cet (agréable) arrière plan et passons à la véritable compétition : la course à la Palme d’or. Vingt films, un seul gagnant. Sauf que, contrairement à The Voice, c’est le jury qui décide de ce dernier. Pour faire court, pressCritik n’en a retenu que le quart, cinq long-métrages qui semblent représentatifs de ce festival de Cannes, édition 2013. Le premier retenu n’est autre que la dernière réalisation des frères Coen, les deux génies du cinéma américain. True Grit en 2010, A Serious Man en 2009, No country for old men en 2007, The Big Lebowski en 1998 et Fargo en 1996. Cinq films, cinq chefs d’œuvres. Chaque réalisation que le duo Coen marque de son nom est un évènement. La dernière pépite signée des deux frères, Inside Llewyn Davis, traverse le New York des 60’s. Cannes, et son jury, adorera, c’est certain. Deuxième film, on quitte l’Oncle Sam, direction le Danemark… et on quitte New York pour Bangkok. Notre chauffeur, pour ce voyage exotique, sera Nicolas Winding Refn, le réalisateur de Drive, qui avait fait sensation il y a deux ans sur la Croisette. Le cinéaste danois s’est remis de l’effervescence causée par son œuvre, aujourd’hui culte, et remet ça, reformant son duo avec Ryan Gosling, probablement l’un des meilleurs acteurs du cinéma américain actuel. Refn revient donc avec Only God Forgives, un conte mélangeant boxe, drogue et prostitution… (Attention rupture syntaxique surprenante) Cocorico ! Pour nos troisièmes et quatrièmes choix, nous avons retenus deux longs-métrages made in France : Jeune et Jolie, de François Ozon, et La vie d’Adèle – Chapitre 1 & 2, d’Abdellatif Kechiche. Ce dernier, réalisé par un cinéaste méconnu du grand public, risque bien de faire sensation au pays des cinéphiles. La vie d’Adèle raconte une histoire d’amour singulière, entre Adèle, une jeune fille âgée de quinze ans, et Emma, soi-disant magnifiquement interprétée par Léa Seydoux. Le nom de François Ozon, métronome (parmi d’autres) du cinéma français, devrait suffire à expliquer la présence de Jeune et Jolie à Cannes. Récemment distingué par Dans la maison et Potiche, le cinéaste devrait continuer ainsi et confirmer un talent déjà salué par les critiques nationales. Néanmoins, la poésie de François Ozon, joliment exprimée dans le résumé de Jeune et Jolie (« Le portrait d’une jeune fille de 17 ans en 4 saisons et 4 chansons. »), saura-t-elle séduire le jury de Steven Spielberg ? Enfin, le dernier long-métrage retenu par pressCritik est celui que tout le monde présente comme LE favori du festival ; je veux évidemment parler de Le Passé, le film événement réalisé par l’iranien Asghar Farhadi. Le cinéaste a connu la consécration avec son long-métrage précédent, Une séparation, multi-récompensé à travers le monde entier (Berlinale, César, Oscar…). Asghar Farhadi, déjà respecté depuis des années grâce à des films comme Les enfants de Belle Ville ou A propos d’Elly, pourrait définitivement entrer dans l’Histoire du cinéma s’il remportait la Palme d’or 2013. Le Passé, œuvre qui n’a d’iranien plus que son réalisateur, associe deux des comédiens français les plus en vogue ces derniers temps, Bérénice Béjo (The Artist) et Tahar Rahim (Un prophète), autour d’un nouveau drame romantique, continuant ainsi dans la lignée d’Une séparation.

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 On aurait pu aussi citer The Immigrant de l’américain James Gray (Two Lovers), où l’on retrouvait Marion Cotillard et Joaquin Phoenix, ou encore La Vénus à la fourrure de Roman Polanski. Il ne faut pas croire que ce Festival de Cannes 2013, d’une qualité cinématographique exceptionnelle, se résume à ces quelques films, loin de là. De nombreux autres longs-métrages, moins « tape-à-l’œil » méritent une certaine attention, je pense par exemple à Zulu, le film de clôture, à Heli ou bien aux productions asiatiques (principalement nippones) comme Tel père, tel fils et Wara no tate, qui prennent, chaque année, de plus en plus d’importance. Sur-ce, il ne nous reste plus qu’à patienter gentiment dans notre canapé jusqu’au 26 mai. Nous saurons alors quels films auront le plus convaincu le jury de Steven Spielberg…

PS : si, pour vous aussi, neuf jours c’est trop long, soulagez votre impatience en traînant sur ces quelques sites…

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